Le retour du monogramme

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Adulé puis relégué au second rang, jugé cheap et peu élégant, le monogramme a toujours fait parlé de lui. Il faut dire qu’entre sigles ostentatoires, connotations vulgaires et contrefaçons en masse, ce dernier n’a pas toujours eu le vent en poupe ces dernières années. Pourtant, il reste un classique indémodable des grandes maisons françaises. En effet, que serait Chanel sans son « double C », Louis Vuitton sans ses initiales entremêlées et même Saint Laurent qui, sous l’impulsion d’Hedi Slimane a retiré le « Yves » de sa griffe sans pour autant enlever la lettre Y de son célèbre logo ?

Pour la petite histoire, le célèbre « LV » de chez Vuitton avait été apposé par monsieur Vuitton lui-même qui avait peur de perdre ses malles. Aujourd’hui, la contrefaçon a pris tellement d’ampleur dans l’univers du luxe que certains objets sont presque devenus cultes, alors qu’ils ne sont pas vendus en boutique, je pense encore une fois à Vuitton qui n’a jamais créé de casquettes monogrammées…

Si le logo peut être apprécié pour son design, il est avant tout facilement reconnaissable et donc témoin d’un indicateur social, il crie quoi que l’on puisse en dire « je peux m’offrir du Gucci ». C’est à la fois ce qui a fait sa renommé mais aussi  ce qui l’a fait pêché ces dernières années face à une mode de plus en plus low profile. En effet, la femme française est par définition dans son style beaucoup moins m’as-tu-vue que ses amies italiennes, russes ou asiatiques qui n’hésitent pas à accumuler les différentes marques de luxe sur une seule et même tenue. De ce fait, je m’étais moi-même séparée d’un cabas Vuitton le trouvant trop ostentatoire. Pourtant aujourd’hui, les nouvelles collections regorgent de sacs estampillés des fameuses initiales tous aussi désirables les uns que les autres. Comment ce phénomène s’explique-t-il ?

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Décryptage.

Je dirais tout d’abord que face à la crise que notre pays traverse depuis plusieurs années, les consommatrices ont tendance à se réfugier vers des valeurs sûres. Un Speedy de chez Vuitton, un 2.55 de chez Chanel ne se démodent pas et traversent le temps. Ensuite, le renouveau des directeurs artistiques avec Alessandro Michele chez Gucci ou Nicolas Ghesquière chez Louis Vuitton ont insufflé un vent de nouveauté à ces grandes maisons classiques en donnant un coup de fouet au monogramme.

Prenons l’exemple du modèle Métis de chez Vuitton : la toile reste la même et pourtant la forme à mi-chemin entre la besace et le petit cartable d’écolière vient dépoussiérer ce modèle classique.

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Le Dyonisus de chez Gucci  réussit quant à lui à mêler matières nobles (veau velours), raffinement (les fleurs sont peintes à la main) et détails rock (grosse chaine en argent mat et fermoir imposant).

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Le renouveau s’impose ici à travers une désacralisation du monogramme. Si celui-ci est présent, il n’en est pas pour autant l’acteur principal mais devient la toile de fond d’un terrain de jeu sans limites. Pompons, Monster de Fendi, stickers Anna Hindmarch, peinture, tags etc… Le monogramme s’amuse, et quoi de plus agréable qu’une mode qui ne se prend pas trop au sérieux ?

Et vous ? Pour ou contre le monogramme ? Allez-vous craquer pour un de ces nouveaux sacs ?

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3 réponses

  1. Pas fan du monogramme effectivement trop m’as-tu vu pour moi, j’aurais du mal à sortir dans la rue avec, je ne me sentirais pas moi. :)
    C’est la raison pour laquelle j’aime bien mon Prada qui peut passer pour un sac lambda plus facilement.

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